Fallout 3 a été un jeu très étrange pour moi.
J’ai longtemps considéré qu’il ne pouvait pas égaler Fallout 2 et j’avais donc mis de côté à sa sortie, préférant me concentrer sur d’autres jeux. Un an plus tard, je mourrais d’envie de mettre les mains sur un bon RPG et voilà qu’à une semaine d’intervalle sortaient Fallout 3: Game of the Year Edition et Borderlands. J’ai acheté le premier, j’ai joué deux heures et je l’ai rangé, choqué par l’horreur visuelle du bouzin et j’ai sauté sur Borderlands où j’ai passé presque 60 heures entre le jeu, son second run et ses DLC.
Lorsque je me suis fait larguer, on était un vendredi soir. J’étais fatigué, j’avais pas envie de dormir, j’avais la tête pleine de choses. J’ai mis Fallout 3 dans la console et j’ai joué, j’ai pris le temps d’apprécier l’univers, le travail de Bethesda et j’ai surtout réalisé que ce n’était pas tant une suite de Fallout 2 qu’un hommage, qu’un renouveau, un habillage plus moderne. Le jeu est loin d’être parfait, en vous trompez pas. Mais il est puissant, il a une ambiance unique, quelque chose d’incroyable dans son exécution. Il a une âme.
J’ai fini mon premier run avec Athéna, une gentille petite nana bourrine comme pas deux. Et j’ai tout de suite embrayé sur un personnage méchant — Antinoüs — mais j’ai plus ou moins arrêté, comme ça, en chemin.
Mais Fallout 3 m’a accompagné. C’était mon jeu de rupture. Il est à ranger sur une petite étagère avec Jane Austen et mon appareil photo ; des moyens de se changer les idées, de fuir un peu. C’est à ça que servent les jeux vidéo aussi.
Vendredi, je revenais d’une soirée avec mes collègues où j’avais parlé d’un comic strip hilarant (dont je n’arrive pas à retrouver la trace, bien évidemment) et je me suis dit : Oh! tiens! Je vais me le relancer, pour voir.
Nous sommes lundi soir et j’ai fini Fallout 3 à 100%. J’ai les 72 succès du jeu et de ses DLC et j’ai pu faire des statistiques de mes trois parties. En tout j’ai joué 80 heures et 40 minutes, tués 839 personnes et 2706 créatures, je n’ai jamais pickpocketé, j’ai piraté 72 ordinateurs et crocheté 158 serrures, avalé 16 drogues et utilisé 627 stimpaks (j’ai un peu honte, mais en même temps mes trois parties ont été faites en Hard).
Bref, je l’ai plié ce jeu. J’ai adoré. Bien mieux écrit que Skyrim, bien mieux foutu aussi, plus puissant avec des quêtes sans doute moins timbrées et folles que celles des deux jeux originaux, mais avec une continuité plus intéressante (même si la quête principale est un poil niaise et le manque de fins diverses comme dans les épisodes précédents de la série). Il faut surtout remarquer l’intérêt des DLC : Broken Steel permet de continuer à jouer en apportant des modifications mineures au monde, Point Lookout vous fait visiter une île flippante avec plusieurs quêtes assez excellentes et Mothership Zeta vous fait voyager dans l’espace avec des petits gris et un samouraï, The Pitt reste plus classique avec un vrai choix moral assez complexe et on ferme la marche avec Operation Anchorage, un gros truc linéaire pas hyper excitant.
Je range mon jeu, je vais faire de la place sur mon disque-dur. À côté de ma télé mon petit Pip-Boy en bobblehead me regarde insérer le DVD du making-off que je vais regarder ce soir tranquillement en pensant à ces dizaines d’heures exceptionnelles. Les Terres Désolées de la Capitale resteront pour moi un superbe souvenir de voyage et d’aventure.