Thought Catalog est un site formidable où plusieurs auteurs écrivent et partagent sur de nombreux sujets actuels ; l’homosexualité en fait partie. Des articles de fond — dont je veux vous parler… mais une autre fois — ainsi que des textes plus légers.
Being Gay is Gay: Craig Moreau fait partie de la deuxième catégorie. En apparence.
Même si le sujet me passionne, me questionne et me met dans une situation bien particulière, je suis obligé de réagir quand je vois des choses aussi improbables et terrifiantes que cette vidéo.
Craig Moreau est un poète, il écrit des livres sur Chelsea, l’homosexualité et lui-même. Beaucoup de lui-même, à vrai dire même si je serais curieux — si j’avais le temps — de lire son œuvre. Elle sent mauvais d’ailleurs. Elle est bourrée de clichés. Elle résume la vie à une fête étrange. Elle parodie un quartier, une ville, une communauté. Étrangement il fait son interview en débardeur, les pecs et les biceps en avant. Il boit de l’eau glacée, de façon totalement improvisée. Il parle lentement, le regard sur son intervieweur. Il est hypnotisant : sa coupe de cheveux qui se module au gré des émotions qu’il veut transmettre, un coup sauvage, un coup calme, un coup intellectuel ; ses dents étincelantes ; sa garde-robe, tantôt légère, tantôt studieuse avec son petit pull noir moulant.
Il fait la fête, il fait des « benders ». Ne pas dormir, juste boire — et baiser visiblement. Il vient de la campagne, il est arrivé à New York et il en parle comme s’il avait toujours vécu là. Parfait caméléon, il est la réduction la plus parfaite du cliché gay. Il est beau et parle d’art, il danse et boit, aime s’entourer de gens « vivants ». Il vit à New York. Il est musclé. Il écrit.
Il écrit mal. Son texte est mauvais, ses phrases — All disco balls slow down and eventually stop. You must make the choice here to be a boy of Chelsea — sont affreusement moches. Son style est plat et on devine tous la gueule que va avoir sa couverture : son nom en énorme, des abdos saillants et une typo ignoble.
Il doit connaître du monde ; voilà ce que tout le monde se dit.
Pourtant cet homme résume parfaitement bien le problème d’être gay. Plus qu’une sexualité, c’est une communauté, un mode de vie, des tropes. La communauté gaie est comme ces jouets bizarre : ils forment une petite boule mais dès qu’on les sépare, ils forment une sphère gigantesque, pleine de vide. Comme un zoom incessant entre l’infiniment cliché et la réalité. Tous les gays ne sont pas efféminés. Ils n’écrivent pas tous de la poésie merdique sur le toît d’un immeuble de Chelsea. Pourtant Craig Moreau représente à la perfection le gay new-yorkais.
Si je vous parle de lui, c’est qu’au fond j’en suis terriblement jaloux. À l’heure où j’écris ces lignes (enfin pas vraiment, vu que je plannifie ces textes), il y a quasiment 14 000 vues sur sa vidéo. Qu’est-ce que les gens y voient ? Un futur grand auteur ? Un poète en débardeur ? Le boy toy d’un mec un peu friqué qui lui a payé 2 000 copies de sa prose ? De quoi se moquer ? De quoi critiquer ? De quoi juger ?
Je n’ai pas la réponse. J’ai vu cette vidéo par curiosité et maintenant, Craig Moreau est en moi. Attirant et repoussant. Admirable et détestable. Gay quoi.
Tu n’es pas seul : des milliers d’amateurs de heavy metal dans le monde ont le même problème avec Manowar.
C’est là où je regrette que Wikipédia ne soit pas plus « orienté » et me révèle le terrible secret qu’il y a derrière ce groupe dont, je l’espère, tu me parleras autour d’un buffet chinois à volonté.
Mon dieu tant de cliché en 4min. Je m’interroge sur comment on peut arriver a condenser autant de clichés sans être frappée par une crise de rire et de larmes :p
« chelsea boy is a stereotype » oh really ? :p