À la lecture d’un article sur Gamasutra (via Sachka, je vous conseille la lecture de son blog), je me suis demandé si on ne devrait pas tous faire comme l’auteure : s’asseoir cinq minutes et réfléchir à notre métier. Le comprendre. Accepter les points forts et les poins faibles. Ce qu’on aime. Ce qu’on aime pas. Et puis faire son maximum pour être (le) meilleur.
Cet article s’intitule Am I Doing Meaningful Game Design Work? ce qu’on pourrait traduire par : est-ce que je fais un travail constructif de game design ? où elle s’interroge sur son métier, ce qu’elle aime faire, là où elle est douée. Tout prend la forme d’un graph (ignoble) qui résume les quatre axes de son travail.

Je vous laisse lire l’article, puis je vais tenter de m’asseoir et de réfléchir à ça. Si je pense avoir le même axe horizontal, j’ai un doute sur mon axe vertical… Lorsque Sachka l’a publié sur Twitter la première fois, elle l’a présenté de façon légèrement déprimante. Personnellement je vois ça comme une chance de prendre du recul sur son travail et de le faire mieux. De savoir faire des sacrifices.
On en revient toujours à mon obsession : la nécessité de contraintes pour favoriser la création, pour favoriser la liberté. C’est quelque chose qui me tient à cœur et qui fait sans doute un peu « peur ». Mais c’est comme ça que je vois mon travail et nullement d’une autre façon.
Lien vers l’article (en anglais).
(merci pour le lien ;) ) Si je l’ai présenté comme déprimant, c’est parce que je suis d’accord avec toi sur la pertinence de l’article, la nécessité de faire le point sur ce qu’on espère, ce qu’on aime, ce qu’on sait faire, ce qu’on nous demande de faire.
En revanche à mes yeux c’est le constat qui ressort de tout ça qui est déprimant. C’est une chose d’avoir de grandes espérances et de devoir s’adapter au réel, c’en est une autre d’avoir des conditions de travail qui ne correspondent pas à ton poste.
Pour mon cas personnel, ça fait un an que je travaille comme narrative designer : concrètement j’ai passé la plupart de mon temps dans les « nuts and bolts » comme dit l’article, et pire encore à des nuts and bolts inutiles et jetables. J’ai fait du level design, du scripting, même du sound design en ayant zéro compétence en la matière.
Au final, je fais comme l’auteur : je cherche un exutoire créatif dans des projets personnels. On peut le voir comme une façon de « savoir faire des sacrifices » et d’apprendre des choses qui débordent du cadre de son métier. Mais si ton quotidien professionnel se résume à des tâches qui ne sont ni ce que tu espérais faire, ni ce dans quoi tu es bon, c’est qu’il y a un problème. Et je n’ai pas envie de faire avec. :)
Mais j’avoue que je suis encore influencée par l’affaire Team Bondi, et assez remontée contre les managers qui nous font vivre des situations complètement ubuesques.
Je comprends. Je fais mon travail pour de nombreuses raisons et je sais qu’il y a forcément des hauts et des bas et que les « bas » servent à quelque chose (dans la majorité des cas). Disons que plus le temps passe, plus j’ai l’impression qu’il est difficile de faire partie d’un rouage énorme (genre d’être au cœur d’une équipe de 250 personnes) sans que ça te broie d’une manière ou d’une autre.
Enfin bon, je comprends. Je voulais pas être désagréable ou dire que tu avais rien compris. Juste, je vois ça comme une opportunité formidable de se motiver. Et typiquement si un jour je me retrouve à la tête d’une boîte (et j’espère que ça arrivera), je ferais tout pour faire comme chez Google et autre : donner du temps à mes employés pour faire de la création personnelle. Je pense que c’est quelque chose de forcément positif.
J’en suis persuadée. Quand je vois les petits projets sortis par Double Fine, qui sont des choses proposées par l’équipe spontanément, ça respire l’envie et le plaisir, c’est que du bon.
Je crois pas trop aux patrons-Castafiore (pour en avoir connu de beaux specimens).
Cœur avec les doigts.