Cet article traite de la narration dans Just Cause 2 (un jeu Avalanche Games, édité par Eidos Square-Enix) et sera l’objet de plusieurs textes diffusés dans les prochaines semaines. Le prochain article abordera la thématique de la liberté et du jouet.
Il ne fait réellement aucun doute que la narration ne fait que de s’améliorer dans le jeu vidéo : après les trois lignes dans le livret et l’abondance de cut-scenes pré-calculées épuisantes, on arrive aujourd’hui à raconter énormément avec peu.
Just Cause 2 n’est pas un jeu bien écrit en tant que tel. Les dialogues sont exagérés, la proposition dramatique déjà vue et si on pouvait s’attendre — même si le jeu vidéo reste très frileux sur ces questions — à un jeu politique, le tout manque clairement de couilles.
Il y a toutefois dans le jeu un élément qui m’empêche de dire que Just Cause 2 est un jeu mal écrit. Il est passé inaperçu, sans doute parce que les joueurs de Just Cause ne sont pas les joueurs de Dragon Age: Origins de Bioware. Dans ce dernier, il existe une véritable encyclopédie du monde de Dragon Age avec sa mythologie, sa géographie, son histoire, ses héros, etc. Tout cela existe aussi en partie dans Just Cause 2 mais n’intéresse pas ceux qui y jouent uniquement — mais comment leur en vouloir ? — pour accrocher un soldat à un avion.
Dans le jeu, certaines bases sont défendues par des colonels d’effrayants gaillards dans une grosse armure, bien entourés et sacrément puissants. Il y a une cinquantaine, disséminés aux quatre coins de l’archipel que l’on visite.
Étrangement, ils ont tous droit à une petite fiche de personnage dans le menu tactique (où l’on trouve aussi la carte et les objectifs en cours). On y apprend où ils sont nés, ce qu’ils ont fait pour devenir colonels et comment ils gèrent leur zone. C’est très informatif mais étrangement précis sur certains points : la géographie, par exemple, n’est pas traitée à la légère et tel colonel devenu un héros dans sa région natale s’est retrouvé en poste dans une région hostile. Un autre encore a grandi, vécu et combattu au même endroit ; il gère d’ailleurs sa zone avec droiture et justice. Vous lui mettrez une balle entre les deux yeux sans même y penser.
C’est à ce moment là que l’on réalise à quel point le monde de Just Cause 2 est formidable. Bien sûr, techniquement et graphiquement le jeu est impressionnant : d’une petite plage ensoleillé vous pouvez vous retrouver quelques minutes plus tard dans des montagnes enneigées ou en pleine ville. Si tout n’est pas crédible, l’archipel de Panau semble réel.
La présence de ces textes informatifs a priori sans intérêt (ils ne vous aideront absolument pas dans votre partie) sont là avant tout pour le background du jeu, rendre encore plus crédible l’archipel de Panau. Mais il reste une question en suspens : quelle est la cible ? Y’a-t-il réellement des lecteurs avides d’encyclopédies dans les joueurs de Just Cause 2 ? Qui a pris cette décision vu les coûts que cela comporte (traduction, tests, etc.) ?
Il faudra sans doute attendre la suite pour en savoir plus.

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