Les raisons pour lesquelles j’ai regardé Mike & Molly (la deuxième saison est en cours, toujours sur CBS) sont simples. C’est mon amour pour Melissa McCarthy (le film Bridesmaids mais aussi la série Veronica Who?) et mes doutes quant à la possibilité d’écrire une série avec comme ressort comique principal les gros.
Le résultat est légèrement différent de mes attentes. La série est produite par Chuck Lorre — le monsieur derrière Big Bang Theory et Two and a Half Men — et créée par Mark Roberts qui a travaillé sur d’excellentes sitcoms et séries comme Seinfeld, Friends ou The Larry Sanders Show. Je pensais tomber sur une sitcom assez lourdingue, coincé dans une série de blagues foireuses. C’est assez étonnant de voir que la série est, pour le moment, feuilletonnante, c’est à dire que les épisodes se suivent au gré de l’histoire entre Mike, le flic obèse, et Molly, l’institutrice obèse.
Oui, la série s’acharne sur les gros, le transformant en ressort comique quasiment unique — avec les quiproquo, mais je vais y revenir. Chaque scène, chaque discussion tourne autour de cette question, une petite pique à la fois. Car dans Mike & Molly tout le monde s’aime et même si on te fait remarquer que tu es tellement gros que ton cul est en IMAX, c’est juste pour se moquer gentiment de toi.
Les cinq épisodes que j’ai vu avancent péniblement : le ressort comique ne fonctionne que par à-coups, les personnages sont foireux et manquent de profondeur. Heureusement que les deux acteurs principaux assurent, Mike dans son rôle de type normal qui offre un beau contraste avec Melissa McCarthy, totalement mal dans sa peau. Problème : ça manque quand même de folie. Décors planplans, séquences écrites comme dans Le Grand Livre de la Sitcom US et thématiques vues et revues. Mais le plus triste c’est que comme les personnages sont plats, les scénaristes n’arrivent pas à tirer des intrigues relevées et doivent se contenter de tout faire tenir grâce à des quiproquos — untel entend une discussion et la répète, trucmuche pense que l’autre ne l’aime plus, etc. — et rend la série artificielle.
Dommage car il y avait deux acteurs au poil et des bonnes idées ; la série reste efficace et fonctionnelle, moins attrayante qu’un Big Bang Theory mais toujours moins tarte que Two and a Half Men. Car la chose la plus incroyable finalement avec Mike & Molly c’est que la série résume parfaitement une tranche de l’Amérique — Chicago dans ce cas — avec des personnages croyants mais qui jurent, gros mais cherchant à retrouver une certaine normalité, fier de qui ils sont mais incapables de supporter l’idée d’être uniques. Bref, un Américain.

Tu devrais essayer Louie, de et avec Louis CK. Pour le coup c’est complètement fou, pas toujours drôle mais assez profond et existentialiste et osé, et il a définitivement jeté aux ordures le Manuel de la Bonne Petite Sitcom Américaine.
Yup ! C’est sur ma liste de séries ^^